Observation scientifiques

Ce que la recherche a démontré clairement

Perturbations du sommeil

La première chose que l’on sait avec certitude, c’est que le sommeil des personnes atteintes de fibromyalgie est vraiment perturbé. Dès 1975, le professeur, chercheur et psychiatre, Harvey Modolfsky a démontré qu’en privant des personnes en santé pendant quelques jours de leur sommeil profond, elles se retrouvaient avec des symptômes de douleur musculaire, de fatigue et de raideurs au lever, lesquels sont typiques de la fibromyalgie. Dans une autre étude, il a même observé qu’une seule interruption de 4 heures de sommeil avait des conséquences sur les cellules tueuses naturelles qui travaillent pour protéger notre organisme d’ennemis comme des virus ou des bactéries.

En observant les ondes des stades du sommeil de personnes atteintes de fibromyalgie, on a pu constater une interférence d’ondes d’éveil (alpha) durant la phase profonde du sommeil, caractérisée par des ondes delta. On sait aussi que plusieurs personnes atteintes ont du mal à s’endormir ou subissent des éveils fréquents durant la nuit.

Système sympathique suractivé

Notre système nerveux autonome est composé de deux parties, soit le système parasympathique, qui agit en calmant notre organisme et le système sympathique, qui active notre organisme pour répondre à ce qui est perçu comme une menace ou un danger. Ce système enclenche plusieurs réactions biologiques, dont la tension musculaire, l’augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Chez les personnes atteintes de fibromyalgie, ce système est déréglé et demeure actif continuellement et, lorsqu’un stress se présente, il ne sait plus répondre adéquatement puisqu’il est épuisé. Ceci pourrait expliquer une partie de la fatigue, des raideurs et des troubles cognitifs.

Observations biochimiques et modulation de la douleur

Des observations bien connues, il y a d’abord une surabondance de la substance P – elle est trois fois plus élevée chez les personnes atteintes de fibromyalgie que chez les personnes en santé – laquelle émet des signaux de douleur au cerveau. De plus, la sérotonine et la noradrénaline sont déficientes et elles sont toutes deux impliquées dans la modulation de la douleur.

Par ailleurs, on a noté des déficits de tryptophane et de mélatonine, tous deux impliqués dans le sommeil, ainsi qu’un faible taux de l’hormone de croissance, laquelle est produite durant le sommeil profond. De même, on a remarqué que la fluctuation du taux de magnésium était inversement proportionnelle à la douleur ressentie : plus le taux était bas, plus la douleur était intense.

Au niveau de la modulation de la douleur, deux phénomènes différents ont été identifiés chez les personnes atteintes de fibromyalgie lorsqu’elles répondent à un stimulus. Si ce dernier est douloureux, la réponse est amplifiée et donc, le cerveau reçoit trop de signaux de douleur; les personnes ont donc plus mal qu’un sujet sain. On parle alors d’hyperalgésie. Si le stimulus n’est pas douloureux, il y a quand même des signaux de douleur qui sont émis et donc, la personne ressent une douleur. Ce phénomène s’appelle l’allodynie. À noter qu’en plus, les personnes atteintes de fibromyalgie ressentent la douleur plus longtemps après le stimulus que les personnes non-atteintes. Grâce à l’imagerie cérébrale, on a pu voir que douze zones du cerveau s’activaient chez les personnes atteintes de fibromyalgie sous l’effet d’un stimulus douloureux léger. Chez les sujets sains, seulement deux régions étaient impliquées dans les mêmes circonstances.

Une étude menée par le neurophysiologiste Serge Marchand a aussi démontré que les signaux envoyés par le cerveau pour diminuer la douleur ne se rendent pas à la moelle épinière des personnes atteintes de fibromyalgie, contrairement aux sujets sains.

Des nouvelles pistes de recherche

Recherche sur des marqueurs biologiques pour dépister la fibromyalgie

En Utah, Le docteur Alan Light a mené une étude pour tenter d’identifier des marqueurs de la fibromyalgie. Trois marqueurs ont été identifiés, mais des recherches plus poussées seront nécessaires pour cibler des marqueurs plus précis.

Anomalie neuro-vasculaire chez les personnes atteintes de fibromyalgie

Une recherche menée au Collège médical d’Albanie (dans l’état de New York) en collaboration avec des chercheurs de la firme Intidyn, a permis de noter qu’il y avait un excès de fibres nerveuses dans la peau de la paume des mains de femmes atteintes de fibromyalgie grâce à une nouvelle technologie de microscopie. Ceci influerait sur des mécanismes vasculaires qui pourraient expliquer plusieurs symptômes de la fibromyalgie.

Vulnérabilité à développer la fibromyalgie

Selon deux études, l’une menée à Harvard et l’autre au Centre de recherche ÉtienneLe-Bel de Sherbrooke (QC), les femmes seraient plus susceptibles de développer la fibromyalgie à cause de la manière de réagir de leur cerveau en réponse à la douleur et à l’anxiété. Bien sûr, certains hommes sont aussi vulnérables, surtout ceux qui souffrent de troubles anxieux.

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